Vieille tradition que la sculpture sur bois Certainement le premier matériau sculpté

// Tendre et sensuel le bois se travaille facilement. De tous temps, l’homme l’a sculpté, avec les outils les plus primitifs pour produire autant d’objets utilitaires que décoratifs. Cet “artisanat d’art” connut des âges d’or, au cours des siècles. Différents styles décoratifs, d’origines diverses, comme les styles Louis XIII, rocaille, l’honorèrent. La mécanisation industrielle et la production en séries ont quelque peu vulgarisé ce type d’ouvrages qui ne perdurèrent que dans les églises.

vieille-tradition-que-la-sculpture-sur-bois-certainement-le-premier-materiau-sculpteLes méthodes de travail traditionnelles sont encore farouchement maintenues. Il faut des années d’apprentissage pour devenir maître sculpteur. Le métier exige un sens artistique, de l’imagination, de la sensibilité et bien sûr une grande habileté. En matière de création ou de restauration, une bonne notion des volumes et des proportions s’impose. Le sculpteur collabore d’ailleurs souvent avec des architectes et décorateurs exigeants.

En son atelier, largement ouvert à la lumière naturelle, le temps s’est arrêté. Outre quelques rares machines-outils comme la meule à eau ou la défonceuse, c’est un pèlerinage au coeur d’un savoirfaire artisanal. Adossé aux fenêtres, se tient un solide établi où s’agrippent étaux et serre-joints. Les murs arborent quelque deux cents outils emmanchés de bois, affûtés et alignés dans des râteliers. Ciseaux, fermoirs, burins, gouges droites, coudées et contre-coudées serviront au défonçage, à la découpe puis la mise en volume. Racloirs, rifloirs, papier de verre effaceront les coups de gouges.

D’après un tracé précis, le sculpteur taille directement dans un bois plus ou moins tendre selon la nature de sa sculpture, en bas-relief ou en ronde-bosse. Il manie l’outil, dans une gestuelle lente et codifiée, fait jaillir des copeaux délicats, élimine la matière superflue. On admire la rigueur et la précision de la main inspirée qui pousse la gouge et le burin, en suivant le fil pour une coupe nette.

Quelques frappes de maillet ou de massette viennent, de temps à autre, soulager l’effort. Peu à peu, l’ébauche s’affine et les proportions s’affirment. Une finition à la cire, gomme laque ou vernis au tampon, fera ressortir le veinage, l’essence du bois et parachèvera l’ouvrage.

À partir d’un matériau naturel et d’outils simples, c’est tout le talent du maître sculpteur qui s’exprime pour réaliser les objets ou ornements les plus précieux.