Une toiture connectee

En France, c’est bien connu, on n’a pas de pétrole mais on a des idées ! Nouvelle exemple avec la société Le Prieuré. L’entreprise, spécialisée dans la toiture végétalisée depuis une vingtaine d’années, a été primée au dernier Mondial du bâtiment. Elle a mis au point une toiture intelligente. Bien plus qu’un simple toit végétalisé, ce nouveau système joue un rôle important dans la lutte contre les inondations.

On n’arrête pas le progrès ! Après la voiture et la maison, c’est désormais au tour de la toiture de se connecter au monde virtuel. Il suffit d’un clic pour qu’elle nous obéisse au doigt et à l’oeil. Imaginez une grosse éponge au-dessus de nos têtes. C’est, très schématisé, le nouveau système mis au point par la société Le Prieuré basée à Orléans. Quatre ans de recherches et de travaux et quelques milliers d’euros d’investissements ont été nécessaires pour faire aboutir le projet. Mais cette toiture végétalisée nouvelle génération permet surtout d’optimiser l’usage des eaux pluviales à des fins écologiques et économiques. Vous l’avez tous constaté, en cas de fortes pluies, les villes n’arrivent plus à gérer l’arrivée massive de l’eau. Les inondations font de plus en plus de dégâts. D’où l’idée de construire davantage de bâtiments avec des toitures plates ou à faibles pentes végétalisées pour faire office de barrages. Ces toits sont alors recouverts d’une couche de terre où poussent des plantes grasses ou vivaces. Ces dernières deviennent des éponges. Elles retiennent l’eau pour éviter qu’elle ne ruisselle dans les rues.

Le fonctionnement de la toiture high-tech

La toiture végétale connectée se compose de deux parties : l’une, supérieure, avec la terre et les plantes et une deuxième, inférieure, qui comprend un bac récupérateur de 90 litres/m2, contre 20 à 25 litres/ m2 pour une toiture végétalisée classique. En d’autres termes, le volume d’eau stocké est plus important. Il y a donc moins de pertes, de fuites vers le réseau. En cas de fortes pluies, la partie végétale capte les eaux pluviales, prend ce dont elle a besoin, le surplus est récupéré et stocké dans le bac inférieur pour être utilisé plus tard. L’eau récupérée est ensuite redistribuée vers la couche végétale en fonction des besoins des végétaux par un système de remontée capillaire. Mais le projet ne s’arrête pas là. Un cactus connecté, placé dans le bac permet de contrôler à distances les eaux de pluie. Via son smartphone, l’utilisateur peut suivre à distance le bon fonctionnement de la toiture. Il connaît en permanence ses réserves d’eau et peut les utiliser en cas de besoin. La toiture végétale est ainsi irriguée en permanence même pendant les périodes de fortes chaleurs. Elle peut même jouer un rôle de climatisation pour l’ensemble du bâtiment. Grâce à des bacs plus volumineux, cette toiture végétale nouvelle génération a une plus grande capacité de stockage. Elle permet de réduire de 70 % l’excès d’eaux pluviales déversées sur les réseaux tout en reconstruisant la biodiversité. Pour le moment, l’eau ne sert qu’à irriguer la végétation. L’objectif est qu’un jour, un immeuble recycle 100 % de l’eau de pluie. À terme, le système pourrait notamment être relié aux toilettes ou aux machines à laver. Le système a cependant deux inconvénients majeurs : son poids (il ne peut donc être installé que sur des constructions récentes) et son prix (140 €/m2 contre 80 €/m2 pour une toiture végétalisée classique selon Le Prieuré). Les toitures connectées sont surtout réservées aux villes dans un premier temps, elles apportent une touche de vert dans une atmosphère souvent grise et permettent d’améliorer la qualité de l’air.