Le gypset king ou la cool attitude

Après le speed des années 80, la rigueur architecturale des années 50, enfin, on lâche tout et on se laisse vivre ! Le kinfolk et le gypset nous font planer jusque dans nos maisons. Ces deux styles de vie, très proches l’un de l’autre, prônent le bio et le beau dans une ambiance de douceur. Alors on déroule les tapis, on accroche son hamac et on met des fleurs dans les cheveux pour un voyage peace and love.

Prenez un esprit bohème dans un corps sain, ajoutez-lui un peu de sable d’Ibiza et vous obtiendrez le “ gypset ”, contraction du mot “ gypsy ” (gitan) et de “ jet set ”. Ce mouvement très en vogue a été créé de toutes pièces par des jet-setteuses. Bien plus qu’un style de décoration, c’est surtout un art de vivre. Il prône, le bien-être, le retour à la nature dans une ambiance hippie chic. L’esprit bohème s’installe jusque dans nos maisons. Mais attention, le gypset ne laisse rien au hasard. Sous ses airs faussement négligés, il brille par son allure élégante et nomade. Les meubles et les objets sont choisis et agencés avec soin. C’est une déco qui privilégie les matières naturelles, les couleurs chaleureuses et les meubles de famille avec en prime (le comble du luxe, indissociable du gypset) des souvenirs de voyages. On ose les mélanges des couleurs, des matières mais aussi des genres. Il ne faut pas oublier que tout “ gypsetteur ” qui se respecte n’a qu’un seul objectif : se sentir bien et faire en sorte que sa tribu le soit aussi. Mais le nirvana a un prix aujourd’hui. C’est ce qui fait la différence avec nos bons vieux beatniks qui bien souvent ne dépassaient pas le Larzac.

La cool attitude version US

Le kinfolk est l’autre grande tendance du moment ; un style de vie proche du gypset. Né à Portland, sur la côte ouest des États-Unis, le kinfolk est une façon de vivre proche de la nature, un retour aux sources où l’on mange simplement, sainement, en famille ou entre amis. C’est une recherche du bien-être qui sent bon les produits de saison et le fait maison. De l’autre côté de l’Atlantique, c’est devenu un véritable phénomène de société, surtout dans les grandes villes. Il séduit toute une génération en quête de sécurité face à l’industrialisation, la junk food et la société de consommation. Vous l’aurez compris, je ne vous fais pas un dessin, le mouvement touche essentiellement les bobos citadins qui passent leur temps à courir après le temps et qui souhaitent se racheter une santé ainsi qu’une conduite le week-end… Comme pour le gypset, le concept s’étend à tous les domaines. Cela va de la nourriture à la façon de s’habiller en passant par la décoration de son intérieur. Les maisons se mettent aussi en mode slow life. Alors que les murs s’effacent sous les couleurs neutres (gris, écru, vert céladon), pour le reste, on utilise des matières premières brutes (le bois, le lin, le coton), on se met en mode récup (tables patinées, vaisselle chinée), et on use, sans en abuser, d’imprimés ethniques. On craque aussi pour le tissu frangé en guise de tableau, les tapis faits main, genre kilim, et deux ou trois fausses peaux de bêtes sur des fauteuils. Pensez également aux indispensables plantes vertes (je vous rappelle que c’est un retour à la nature), et aux bougies pour une ambiance plus intimiste. Pour être kinfolk jusqu’au bout, n’oubliez pas la petite touche industrielle (pour le côté bobo urbain) avec une lampe ou un meuble de métier. Là encore, comme pour le gypset, l’objectif est de créer un intérieur harmonieux où il fait bon vivre, loin du bruit de la ville.