Christophe Masson, la soif de connaissance au service de la création

Ce créateur de meubles travaillant uniquement sur commande est installé à Malzéville dans une ancienne carrosserie. Rencontre avec un artiste ayant une authentique envie de créer et de transmettre.

Un parcours original

«Je ne suis pas un autodidacte, j’ai appris auprès de nombreuses personnes, toujours avec une même soif d’apprendre», c’est ainsi que cet artiste originaire de Bretagne présente son parcours atypique. Intéressé à l’origine par le métier de luthier lorsqu’il a vingtcinq ans, Christophe Masson, a alors un âge trop avancé pour rejoindre un apprentissage. Qu’à cela ne tienne, il fait un stage de menuiserie, puis, après une formation dans les Vosges, il se fait remarquer à la Foire Expo de Nancy en 1985 en présentant son premier meuble en 1985. «Venant d’une famille d’artistes, je n’ai pas de problème avec l’idée de création» explique Christophe Masson, qui s’est lancé alors dans la création de mobilier et l’ébénisterie. Après un détour par Paris et une parenthèse à l’étranger pour échapper à un marché de l’art français moribond, l’ébéniste s’installe en Lorraine riche de ses expériences, y compris celle de chef d’entreprise à la tête d’une SARL.

Un créateur

«J’ai longtemps eu un problème de statut mais à présent les choses sont claires, j’ai un statut d’artiste» explique Christophe Masson, qui réalise tous types de meubles, à l’exception des sièges. Au début, l’objet, n’étant encore qu’un projet, né d’une demande d’un client avec lequel l’artiste discute préalablement. «Je me déplace aussi chez la personne pour mieux “sentir” les choses» explique ce dernier. Puis, il propose quatre à cinq esquisses et de celle que choisira le client naîtra une dizaine d’avant-projets. Parmi eux, il faudra opter pour le projet réel, «dans lequel je m’efforce de tenir compte de l’esthétique et de l’usage» précise l’ébéniste. Le meuble peut ainsi être terminé entre un et trois mois après la commande, suivant le type de mobilier demandé. N’étant pas artisan, Christophe Masson ne peut prendre des apprentis, cependant «cela me tient à coeur de prendre des stagiaires et de les faire travailler… pour eux !» relate l’artiste. Son projet serait de créer un mini-centre capable de former les gens voulant se reconvertir ou simplement apprendre la création de mobilier. Encouragé par une commande originale d’un client PDG d’un centre d’imagerie médicale, Christophe Masson s’est également lancé dans la peinture, un exercice «très angoissant mais fabuleux, et totalement différent de ce que j’ai pu faire» relate-t-il. Une nouvelle étape dans l’évolution de ce sexagénaire créatif et hyperactif.