Bruits de couloirs

Bruits de couloirsBannis de toute valeur ajoutée, les couloirs sont considérés comme un luxe superflu, un cérémonial réservé à certains établissements comme les hôtels, les écoles. De plus, leur classicisme et leur rigidité ne s’accordent guère avec l’actuelle configuration des lieux, prônant les plans ouverts, sans barrières. Toutefois à trop facilement les condamner, on y perd ses repères et une certaine commodité. Puisque son statut premier est d’être fonctionnel, réhabilitons le traditionnel couloir, ce ne sera pas place perdue !

Conçu pour assurer la distribution des pièces, le couloir crée une circulation et un lien entre les différentes zones d’un même niveau. C’est donc un lieu commun hautement symbolique. De toute sa longueur, il régit la vie intérieure tout en y préservant un certain degré d’intimité. Passage obligé, il se doit d’être fluide, accueillant et faire bel effet.

La surface est trop précieuse pour destiner une pièce à un seul usage. Aussi, tout dégagement ou corridor représente, de surplus, un potentiel d’aménagement non négligeable. Lorsque de belle largeur, il peut être meublé sans gêner le passage. Au seuil des pièces principales, il est parfaitement disposé pour loger des rangements et libérer celles-ci, alors plus harmonieuses. Pour recouvrer la sérénité, les chambres laisseront les dressings dans l’antichambre. On y intègre des lignées de placards sur toute hauteur. Portes pleines, vitrées, jalousies ou simples étagères dérobées derrière de lourds rideaux, feront la différence. Une structure de bibliothèque fera naturellement corps avec son mur porteur. Les passages plus étranglés s’arrangeront de tablettes pour suspendre ou poser.

Bruits de couloirsOn transite par le couloir, on n’y tient pas salon. En marge des hautes fonctions, il est un champ libre pour toutes les expressions stylistiques. L’étendue de ses surfaces pleines et son allure de déambulatoire se prêtent au jeu de la galerie où l’on présente ses collections privées, la famille et les amis en photo.

Les lignes droites et pures des couloirs en enfilade créent des perspectives qui dynamisent l’espace. Pour accroître cette dimension linéaire, donc spacieuse, on la souligne par des horizontales en impressions murales, des rayons de casiers, un plancher à lames, un tapis chemin de couloir. Pour donner de la largeur, on casse une symétrie trop convenue en dépareillant les murs. Miroirs ou autres matières réfléchissantes donneront de la profondeur comme par magie. Tandis que les motifs au sol se font petits, à l’échelle du passage.

Bruits de couloirsConsidéré comme utilitaire, le couloir est bien souvent central, donc dépourvu de lumière naturelle. Un éclairage indirect, orienté sur quelques détails à valoriser, suffit à se déplacer et crée une ambiance ouatée. Quelques sources de lumière ponctuelles assurent un confort optimum, comme les éclairages incorporés dans les penderies. Ou encore un plafond lumineux donnera l’illusion d’un puits de lumière.

À l’intention des claustrophobes, c’est toujours au fond du couloir, à gauche ! À droite ce sont les toilettes.