Arty «show»

San Francisco est une ville pleine de surprises. Son Golden Gate, Alcatraz, ses rues vertigineuses et son tramway parfois nommé désir, cachent des trésors que seuls les curieux peuvent découvrir. SFO (San Francisco pour les intimes) cultive son art de vivre et sa quiétude tout en laissant le champ libre à ses artistes. Anonymes ou connus, reconnus ou oubliés, ils ont fait de Mission District, le temple du Street Art. Dans ce quartier latino, haut en couleurs, seuls les murs ont la parole.

C’est une balade artistique aux couleurs vibrantes. Mission District ou The Mission pour les initiés, est le berceau du Street Art de San Francisco. Des centaines d’artistes ont laissé libre court à leur créativité. Ce sont près de 600 peintures ou décorations qui ont été réalisées sur les murs. La plupart du temps, ces «murals» comme on les appelle, racontent la vie des habitants, un événement ou un coup de gueule.

Un peu d’histoire

Mission est l’un des quartiers les plus anciens de San Francisco. Les premières familles mexicaines s’y installent en 1776. Les premières fresques apparaissent au 20e siècle grâce, notamment, à Diego Rivera, le mari de Frida Kahlo. Dans les années 60, les Chicanos (américano-mexicains) perpétuent la tradition. Les murs des habitations deviennent alors des lieux de revendications sociales et politiques. Des groupes de femmes comme les Mujeres Muralistas prennent le relais pour elles aussi revendiquer à coups de crayon leur soif de liberté et d’émancipation. Ces «community murals» sont réalisés la plupart du temps par la communauté qui habite le lieu peint et évoquent encore aujourd’hui ses rêves et ses espoirs.

Balmy Alley, là où tout a commencé

Cette rue de Mission District est le berceau des «murals». La première fresque a été dessinée par deux Mujeres en 1972. Mais c’est en 1985 que le quartier devient un musée à ciel ouvert, un temple de la revendication. 27 peintures sont réalisées en quelques semaines sur les murs contre l’intervention américaine en Amérique centrale. Aujourd’hui encore, artistes ou simples mécontents continuent à faire passer leurs messages.

Clarion Alley, la variété dans la contestation

La petite soeur de Balmy Alley, a pris son envol artistique bien plus tard, en 1992. Aujourd’hui, elle n’a plus rien à envier à son aînée. C’est l’art de la rue avec tout son espoir, sa haine et ses désespoirs. Parfois ce ne sont que des graffitis, souvent des toiles XXL. Les uns dénoncent le capitalisme, les autres la drogue et ses ravages, d’autres encore saluent la mémoire d’artistes disparus. Une chose est sûre, si les murs ont des oreilles, ils ont surtout la parole. Et visiblement à Mission District, les artistes n’ont pas l’intention de se taire.