À l’abri des regards

Écran invisible, le paravent se plie et se déplie à l’envi. Oublié pendant de longues années, il retrouve aujourd’hui toute son utilité. Cet as du camouflage a plus d’un atout. Il peut ainsi structurer une pièce, dissimuler un coin bureau ou encore filtrer la lumière. Alors, prêt(e) s pour une partie de cache-cache ?

Petit mémo technique, voire historique

Utilisé depuis la nuit des temps le paravent ne fait pourtant pas son âge. Inspiré de l’italien paravento, il est à l’origine un meuble qui protège (para) du vent (vento) si l’on se réfère au sens étymologique. Il est composé le plus souvent de panneaux, appelés feuilles. Ces derniers sont réalisés en bois, en tissu ou autres matières. Les premiers paravents sont apparus en Chine, bien avant l’ère chrétienne. Fixes au début, ils deviennent rapidement pliables, articulés, par des paumelles métalliques. Leurs panneaux en bois sont généralement peints ou laqués mais aussi parfois confectionnés avec de la soie tendue sur un châssis de bois. Utilisés pour créer des espaces ou se protéger des courants d’air dans les riches demeures, ils se démocratisent très vite avant de traverser les mers et les océans. Allégé au Japon grâce à l’utilisation du papier et du cuir, le paravent arrive en Europe au XVe siècle. En France, c’est la Marquise de Rambouillet, connue pour son célèbre salon littéraire au XVIIe siècle, qui lui donne ses lettres de noblesse. Mais ce n’est que deux cents ans plus tard qu’il connaît la consécration alors que la France est atteinte de toutes formes de japonisme. Les peintres français comme Bonnard et Vuillard lui en font voir de toutes les couleurs. Le paravent se pare alors des plus belles étoffes et de matériaux nobles (bronze, laque, etc.). Plus tard, il protégera des regards indiscrets avant d’accueillir les premières effeuilleuses qui ne laissaient entrevoir que leur ombre chinoise.

Accessoire simple et pratique

Le paravent peut dire merci aux open spaces. Moins utilisé contre le vent et le froid, il a en revanche toute son utilité dans les pièces à vivre XXL où l’intimité se faire rare. En peu de temps, il permet de structurer les espaces pour créer des séparations temporaires, dissimuler un coin bureau ou la télévision voire organiser un espace lecture loin des regards indiscrets. Disposé dans une chambre ou dans la salle de bains, il apportera une touche de charme et de glamour.

Un paravent aux styles multiples

Le paravent se prête à tous les styles. Mais c’est dans sa version contemporaine qu’il est le plus intéressant. Jeunes designers et artistes en ont fait, comme leurs illustres prédécesseurs, de véritables oeuvres d’art. Brut ou travaillé, en bambou, en métal et même à miroir, le paravent se décline à l’infini. À nous de lui trouver un place et de tomber… dans le panneau ! esther.bouvier